Y en a marre !
Cela fait un petit moment que cela me trotte dans la tête et plutôt dans la partie reptilienne.
Marre de l’image associée à l’entreprise dans notre société et particulièrement dans notre pays. Bien sûr, la crise aidant, les relations salariés / entreprise se durcissent, les plans sociaux se multiplient. Bien sûr la souffrance au travail est une réalité et la course à la performance nous met tous sous pression. Bien sûr, l’écart entre la rémunération de certains patrons et le salaire minimum s’agrandit comme jamais auparavant.
Mais tout de même, l’entreprise semble aujourd’hui partout décriée. Au cinéma (« Ressources humaines », « la firme »), elle est souvent représentée comme un système qui broie l’individu avec à sa tête un dirigeant aussi cupide qu’amoral. Dans les médias, on retient surtout un jour Total et ses bénéfices indécents, un autre Renault et ses suicidés du travail, encore un autre plus récemment Continental et sa fermeture de site.
Je ne dis pas qu’il n’y a pas devant nous un chantier immense d’amélioration des conditions de travail et la prise en compte du fameux facteur humain dans l’économique mais est-ce vraiment la bonne méthode que de renforcer l’antagonisme entreprise / salarié ?
La vraie bataille s’il y en a une c’est celle de l’adaptation aux changements en cours (mondialisation, innovation, développement durable, modèle social et démographique). Et cet enjeu dépasse largement le cadre de nos frontières nationales ou européennes.
J’ai l’impression qu’un jeune embauché intègre aujourd’hui l’entreprise avec en toile de fond la pensée plus ou moins inconsciente : « sois vigilant, tu entres dans un système qui va forcément t’exploiter ne te laisse pas avoir, voire même profite du système quand c’est possible. »
Bien sûr cette réflexion est d’autant plus fondée qu’elle concerne les entreprises de grande taille. Par définition, dans les petites structures, l’image de l’entreprise est davantage attachée une personne ou une équipe.
La conséquence de cette diabolisation de l’entreprise ? Une balle dans le pied. Un encouragement de l’individualisme déjà bien en place et à plus long terme une progression de l’écart entre les salariés et l’entreprise et notamment les managers intermédiaires.
Et pourtant, avec un chômage de retour, il y a encore 300 à 400 000 postes non pourvus en France.
Et pourtant, contrairement à ce que peuvent écrire certains sociologues, le travail reste encore une source d’épanouissement, pas la seule mais c’en est une.
Et pourtant, tous les jours des milliers d’entrepreneurs ou de dirigeants créent de la valeur c'est-à-dire des emplois et de la pérennité et pas uniquement des dividendes.
Et pourtant la relation salariés / entreprise reste et restera une relation d’inter-dépendance.
Voilà ça c’est dit.
Antony Priou
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire